Vague de persécution et assassinats de leaders sociaux

« Au cours des 3 premiers mois de 2013, plusieurs dirigeants sociaux qui défendent les droits de leurs communautés ont été assassinés ou kidnappés, alors que se met en place une politique de criminalisation, diffamation et répression »(1)

Daniel Pascual (Comité d’Unité Paysane - CUC) a été menacé à San Juan Sacatepéquez au mois de janvier, alors qu’il rendait visite aux 12 communautés Mayas Kaqchikeles en lutte contre la cimenterie Cementos Progreso ; Tomas Quej, leader communautaire de Purulhá (Baja Verapaz) engagé dans la lutte pour la récupération de terres illégalement spoliées en 2011, a été enlevé fin février et son corps apparut sans vie trois jours plus tard ; Carlos Hernández Mendoza, membre de Frente Nacional de Lucha (FNL) et engagé dans la lutte pour la défense du territoire à Camotán (Chiquimula) a été assassiné le 8 mars(2) ; Jerónimo Sol Ajcot, intégrant la coordination paysanne CONIC a été assassiné à Santiago Atitlán (Sololá) le 11 mars ; Rubén Mazariegos Vásquez syndicaliste de la UASP a souffert une tentative d’assassinat le 12 mars.

Le 17 mars, 4 leaders communautaires Xincas de Santa María Xalapán (Jutiapa) ont été enlevés, parmi lesquels Rigoberto Aguilar et Roberto López ont pu s’échapper, alors que le secrétaire du Parlement Xinca, Exactación Marcos Ucelo, a été retrouvé assassiné, et le président du Parlement Xinca, Roberto González, est apparu le jour suivant. Tous revenaient d’une consultation communautaire de San Rafael Las Flores. Malgré l’opposition sociale et la réalisation des consultations aux communautés, le gouvernement vient d’autoriser, début avril, la licence d’exploitation minière de Minera San Rafael, filiale de la multinationale canadienne Tahoe Resources. Dans la lutte contre le projet minier, CALAS soutient au niveau légal les communautés et des membres de cette organisation ont également souffert, le même jour, d’intimidations et attaques.

Les journaliste Jaime Napoleón Jarquín Duarte et Luis Alberto Lemus Ruano ont été assassinés le 20 mars et le 7 avril dans le département de Jutiapa, faits condamnés par Reporters Sans Frontières(3). La syndicaliste de l’IGSS (sécurité sociale) afficiliée au syndicat MSCICG María Teresa Chiroy Pumay a été assassinée le 21 mars. Le jour suivant, Kyra Zulueta Enríquez Mena, secrétaire générale du syndicat des employés de la mairie de Nueva Concepción (Escuintla), affilié au syndicat FESTRAS, était assassinée à son tour à Escuintla.

Suite à une réunion avec des dirigeants syndicalistes, le président attribuait « les attaques contre dirigeants à la délinquance ».(4)

1. « Ola de persecución y asesinatos de líderes sociales », Alainet, 26 mars 2013.
2. « Asesinan a luchador social que dedicó su vida a defender la vida », Prensa comunitaria, 8 mars 2013
3. « Demande d’enquête rapide après l’assassinat d’un journaliste du département de Jutiapa », 22 mars 2013, et « Deuxième assassinat de journaliste dans le département de Jutiapa : le mobile reste à déterminer », 9 avril 2013.
4. « Pérez atribuye ataques contra líderes a delincuencia », El Periódico, 26 mars 2013.

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