Suite des événements à San Rafael las Flores

Depuis le début de l’année 2013, une vague d’assassinats, de persécution ainsi qu’une criminalisation des leaders communautaires - notamment Xincas - et du mouvement social s’abat sur la région de San Rafael las Flores (département de Santa Rosa) et Jalapa (département de Jalapa) (voir brève de Solidarité Guatemala 203). C’est la réponse donnée à l’organisation de la résistance pacifique contre le projet de mine d’argent « El Escobal » détenu par l’entreprise canadienne Tahoe Ressources Inc. De nombreuses consultations communautaires se sont tenues depuis avril 2012 dans la région affirmant un rejet massif du projet minier par la population. Ces consultations, pourtant prévues par la Convention 169 de l’OIT, la Déclaration des droits des peuples autochtones des Nations Unies et le Code municipal guatémaltèque, ne sont pas reconnues par les autorités.

Depuis, le 12 avril dernier, une occupation pacifique devant les installations de la mine de plusieurs centaines de personnes s’est soldée par une expulsion violente menée par la Police Nationale Civile (PNC). Vingt neuf personnes ont alors été mises en détention de manière arbitraire, puis libérées quelques jours plus tard, sans avoir été inculpées. La sécurité privée de l’entreprise est régulièrement dénoncée comme participant à la répression violente contre la mobilisation en défense de la vie, de la terre et du territoire contre le projet minier. Le 27 avril 2013, elle est directement impliquée dans l’attaque à arme à feu de 8 manifestants pacifiques. Le chef de la sécurité, Alberto Rotondo, aurait déclaré « Terminons-en avec la vermine » (« Acabemos con la basura ») avant d’ordonner de tirer. Un jeune homme de 19 ans a eu une partie du visage arrachée, plusieurs autres personnes ont reçu des impacts de balle. Retondo a ensuite été arrêté par la police à l’aéroport alors qu’il tentait de fuir le Guatemala. Le 29 avril, deux jours après ces agressions a été adopté un accord final d’exploitation du projet « Escobal » qui prévoit 5% de redevance destinées à plusieurs municipalités de la région. Le même jour, 25 membres de la police étaient retenus et désarmés à hauteur d’un blocage de route par des manifestants exigeant l’ouverture d’une véritable consultation et négociation avec la population sur le projet de mine.
A la suite de ces événement, du 2 au 24 mai 2013, l’état de siège puis d’exception ont été décrétés par le président Otto Pérez Molina dans les départements de Santa Rosa y Jalapa. Plus de 8 500 militaires et membres de la PNC ont été déployés dans la région pour procéder à des arrestations et des perquisitions, aidés de tanks et d’hélicoptères pour contrôler une population qui sous l’état de siège est privée du droit de manifester et de se réunir. La tension dans la région est exacerbée. Selon un journaliste de Prensa Comunitaria, membre de l’équipe de recherche du Centre d’Analyse des Luttes Communautaires « La violence, la diffamation, la militarisation, l’état de siège, la criminalisation des protestations communautaires sont les réponses d’un Etat coop-té par les pouvoirs économiques. C’est une stratégie similaire à celle employée par l’Etat et l’entreprise à Barillas, Huehuetenango, contre le peuple Q’anjobal et métis opposé au projet hydroélectrique ». (voir article p. 9).

Pour aller plus loin : reportage photo de CPR Urbana sur l’état de siège

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