Décès de Jacobo Padilla le 5 octobre 2014 à Paris

Jacobo Rodriguez Padilla, sculpteur et muraliste guatémaltèque exilé en France, nous quitte à 92 ans. Lucide et pointilleux, créatif, charmant, léger et profond tout à la fois. Ceux qui sont passés le voir dans son petit studio ont pu constater qu’il dormait au milieu d’esquisses, de gouaches, de sculptures, baignant dans un univers de couleurs aux teintes nostalgiques de son passé et de ses origines.

Jacobo est un des fondateurs du Saker-Ti (« aurore » en K’iche), un mouvement d’artistes et d’intellectuels qui est né avec le Printemps Démocratique de 1944 au Guatemala. Il est également co-fondateur du Parti Guatémaltèque du Travail et un grand activiste du processus démocratique et révolutionnaire (qui dura 10 ans,) de 1944 à 1954.

En 1953, Jacobo obtient une bourse après un concours et part étudier à Paris à l’école des Beaux-Arts. Le coup d’état de 1954 le prend par surprise, lui infligeant un exil forcé qui le marquera à vie. Quatre ans plus tard, il se rend à Mexico où il reste 18 ans et travaille comme peintre et muraliste. Il revient en bateau en France en 1974. Ses compatriotes le reçoivent avec ses malles remplies de graines, car il est désormais végétarien. Il s’installe de nouveau à Paris et survit en donnant des cours, en vendant quelques-unes de ses peintures, en travaillant comme illustrateur, muraliste ou comme assistant mal payé auprès d’autres sculpteurs. Il réalise cependant ses propres oeuvres et expose au Salon d’automne ainsi qu’à la Grande exposition d’Art latino-américain de Paris.

Les Guatémaltèques de France se souviennent affectueusement de lui comme «  le petit Père », le papa des exilés, taciturne, têtu, authentique et fidèle à ses idéaux. Nous regrettons tous sa sincérité, bon voyage compagnon, ami, notre maître Jacobo.

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