Le peuple maya ch’orti’ écrit son histoire

Traduction de l’article publié sur le blog d’ACOGUATE

Un peuple autochtone qui a été marginalisé et discriminé, jusqu’à causer la perte de sa propre culture et de son identité ethnique, poursuit sa lutte.

Les communautés du peuples maya ch’orti’ sont en mouvement pour obtenir la reconnaissance de leur identité ethnique comme communautés autochtones ainsi que leur droits historiques et ancestraux sur leurs terres.

Pour le moment, une grande partie de ces terres est réparties en exploitations agricoles qui appartiennent à de grands propriétaires et où les membres des communautés travaillent dans de mauvaises conditions. Ils ne peuvent pas, en effet, cultiver leurs propres terres, ni prioriser les cultures qui serviraient à fournir en autoproduction les familles et marchés locaux, ce qui serait pourtant nécessaire pour favoriser la sécurité et la souveraineté alimentaires, notamment face aux saisons de sécheresse qui sont de plus en plus longues à cause du réchauffement climatique.

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(photo : ACOGUATE)

Plusieurs communautés des départements de Chiquimula et Zacapa ont franchi les étapes pour être officiellement reconnues comme communautés autochtones et récupérer leurs terres. Ces droits ont été reconnus par l’Etat et il s’agit désormais de vérifier leur implémentation et leur conservation. Un aspect de cette reconnaissance comme communauté autochtone avec personnalité juridique propre consiste dans le droit à être autonomes. Pour réaliser cette autonomie, COMUNDICH conseille les communautés en leur donnant accès à des outils qui leur permettent de rédiger des statuts adaptables aux pensées et idées des différentes communautés.

Pour la première fois de l’Histoire, les autorités autochtones mayas ch’orti’ présentent une affaire devant la Cour de constitutionnalité

En ce qui concerne la reconnaissance comme communautés autochtones, un grand succès a été obtenu : la plus haute et importante institution juridique, la Cour de constitutionnalité, s’est prononcée en faveur des communautés de Tachoche et Tizamarte, qui avaient déposé un recours contre l’annulation de l’enregistrement du peuple maya ch’orti’ comme communauté autochtone, qui a été confirmé en première instance. La Cour a explicitement reconnu le Conseil des questions autochtones, territoriales et de ressources des communautés autochtones Tachoche et Tizamarte comme des entités juridiques distinctes du COCODE (Conseil communautaire de développement) de la municipalité de Camotán, disposant de facultés autonomes et exclusives. Elle a de plus réitéré que l’autorité du conseil municipal ne pouvait pas annuler la reconnaissance de la personnalité juridique d’une communauté autochtone enregistrée. Si une telle annulation serait une violation du principe de légalité garanti par l’article 154 de la Constitution politique de la République du Guatemala.

Le temps est venu pour le peuple maya ch’orti’ d’écrire sa propre histoire pour renforcer et manifester son identité à travers l’incorporation de son lignage culturel et de l’histoire de sa lutte dans ses statuts, y compris par des articles sur la récupération de l’identité culturelle, en lien avec l’éducation en langue ch’orti’ et les vêtements traditionnels.

Va aussi être incluse une composante légale, où seront établis les principes et les règles les plus importants pour la vie en commun, la prévention et la résolution des conflits. Il est important que dans cette composante les droits humains soient inclus et respectés, ainsi que l’équité et l’égalité pour les femmes, pour que celles-ci bénéficient de plus de droits, comme celui à la terre, qui leur ont traditionnellement été niés dans le passé. Un autre aspect important à prendre en compte est la préservation de l’environnement, pour lequel est établie une série de règles sur la gestion des forêts. A la fin, comme annexe, sont ajoutés tous les titres sur les droits que les communautés ont obtenus et récupérés par leur lutte. De cette façon, les statuts constituent les piliers de chaque communauté autochtones.

« Les statuts sont pour nous ce que la machette est pour le paysan »

Paroles d’un représentant des autorités autochtones.

Il n’est malheureusement pas rare qu’un peuple autochtone qui lutte pour ses droits se retrouve dans des situations où ces droits sont niés et annulés par des autorités étatiques ou municipales. Mais, avec cette résolution, la Cour de constitutionnalité pourrait avoir défini, en accord avec le cadre juridique, comment doivent juger et agir les autorités. La lutte de ces communautés pendant quatre ans pour obtenir leur reconnaissance est le meilleur exemple pour mettre en avant l’importance d’établir une institution autonome et un document qui pose par écrit l’organisation interne des communautés, pour que ces efforts ne restent pas vains.

ACOGUATE accompagne COMUNDICH depuis 2007.

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