Affaire Pavón : un jury populaire autrichien innocente Javier Figueroa

Sous le gouvernement d’Oscar Berger (2004-2008) trois affaires d’exécutions extrajudiciaires défraient la chronique : Infiernito, Pavón et Parlacen. Les deux premières ont eu lieu dans des centres pénitenciers en 2005 et 2006, la dernière est celle de l’exécution en 2007 de trois députés salvadoriens du parlement centre-américain qui siège au Guatemala . Le cabinet de sécurité de Berger composé de Carlos Vielman, Ministre de l’intérieur de nationalité espagnole, d’Erwin Sperisen, chef de la PNC de nationalité suisse et de Javier Figueroa, chef adjoint de la police criminelle a discrètement quitté le pays fin 2007 . Dans ce contexte, les analystes locaux et le rapporteur spécial des Nations Unies sur les exécutions extrajudiciaires, Philip Alston, soulèvent l’existence de cette structure criminelle paraétatique vouée au « nettoyage social ». Ces trois affaires accélèreront la mise en place de la CICIG, mais seront également à l’origine de plusieurs scandales sous le mandat de son premier Commissaire, Carlos Castresana.

Javier Figueroa, réfugié politique en Autriche, accusé de complicité dans l’assassinat de 7 détenus, devait être extradé fin 2011 au Guatemala mais l’Autriche considérait que les conditions de sécurité et d’impartialité pour la tenu d’un procès n’étaient pas réunies. Figueroa et ses témoins à décharge (Berger et Giammattei, directeur du système pénitencier pendant les faits) ont nié les exécutions et ont accusé la CICIG d’achat de témoins et de fabrication de preuves. Finalement jugé en Autriche, une première, le jury a pourtant acquitté Figueroa et le procureur annoncé qu’il ne fera pas appel de cette décision. Difficile de mettre en doute la légitimité d’une sentence émise par un jury populaire, mais ce jury disposait-il d’une vision objective et réaliste de la conjoncture guatémaltèque de l’époque ? Au Guatemala la nouvelle a été accueillie très discrètement, même si en ce moment a lieu le jugement de deux subalternes, auteurs matériels présumés des faits. De leur côté, les avocats de Vielman et Sperisen, qui eux aussi sont accusés dans la même affaire, se sont empressés de demander à la justice espagnole et suisse de cesser les poursuites contre leurs clients.

Pour plus d’informations : « Javier Figueroa, el inocente », Plaza Pública.

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