Tournée de défenseures 2015 : La lutte pour la défense du territoire à Huehuetenango

Pour sa tournée annuelle de défenseur-es de droits humains, le Collectif Guatemala reçoit avec ses partenaires Alba Cecilia Mérida et María Victoria Pedro Mateo, qui présenteront la situation des défenseur-es du droit du territoire dans le nord du département de Huehuetenango.

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Alba Cecilia Mérida et Maria Victoria Pedro Mateo

Alors que les médias internationaux accordent une couverture accrue au Guatemala, rendant visibles les récentes mobilisations sociales, provoquées en avril 2015 par un scandale de corruption impliquant les plus hautes sphères de l’Etat, la répression contre les mouvements sociaux et en particulier les luttes pour la défense du territoire et des ressources naturelles s’est accentuée au cours des derniers mois.

Malgré la profonde faiblesse institutionnelle et politique de l’Etat, la répression à l’encontre des défenseurs des droits humains qui persistent à résister contre l’accaparement de leurs territoires ne connaît pas de répit. Cette répression se matérialise entre autres à travers le perfectionnement des stratégies de criminalisation et de diffamation depuis la prise de fonctions du gouvernement de l’ex-militaire Otto Pérez Molina en janvier 2012.

L’intensification des processus de criminalisation à l’encontre des défenseurs des droits humains ne s’est pas arrêtée et se manifeste à travers les nombreux mandats d’arrêt, la persécution judiciaire, la paralysie des procès, l’augmentation disproportionnée des plaintes contre les défenseurs, en comparaison avec la stagnation des plaintes déposées par ces derniers pour les attaques qu’ils subissent et la diffamation croissante à leur encontre. Particulièrement préoccupante est l’augmentation des actions de criminalisation dans l’actuel contexte électoral, notamment dans la région nord du département de Huehuetenango (municipalités de Santa Eulalia, San Mateo Ixtatán et Santa Cruz Barillas).

Dans ces situations, le secteur privé, notamment les entreprises transnationales, font usage du système judiciaire afin de poursuivre pénalement les actions des défenseurs des droits humains, dans le but de décapiter les mouvements de résistance et de réduire les espaces de lutte pour la défense du territoire.

Avec la complicité de l’Etat, les entreprises s’imposent dans les territoires par une stratégie d’arrivée agressive, violant les droits collectifs des peuples. Dans les territoires autochtones, les entreprises et leurs projets extractivistes cassent le mode de vie des communautés et leur imposition est une attaque contre la vie communautaire et familiale, qui touche en premier lieu les femmes.

Afin de rendre visibles les luttes pour la défense du territoire dans le nord de Huehuetenango, de sensibiliser à la problématique de la défense du territoire, de la criminalisation et judiciarisation des luttes au Guatemala et de renforcer les liens de solidarité entre le Guatemala et l’Europe, le Collectif Guatemala invite

  • María Victoria Pedro Mateo : maya q’anjob’al et originaire de Jolom Konob (Santa Eulalia), territoire q’anjob’al dans le département de Huehuetenango. Elle représente le Gouvernement ancestral plurinational q’anjob’al, chuj, akateko, popti et métis et est membre du Mouvement social de Santa Eulalia. Elle est communicatrice sociale à la radio communautaire Snuq’ Jolom Konob’ de Santa Eulalia, média qui a soutenu la lutte pour la défense du territoire et est victime de censure depuis janvier 2015. Elle est la fille de Daniel Pedro Mateo, défenseur des droits collectifs des peuples et du territoiren artiste, enseignant et l’un des fondateurs de la radio Snuq Jolom Konob’, assassiné en avril 2013.
  • Alba Cecilia Mérida : anthropologue, activiste des droits humains et militante féministe. Elle fait partie du large mouvement pour la défense du territoire à Huehuetenango, où elle a participé à l’organisation et à la réalisation des consultations communautaires de bonne foi. Son compagnon, Rubén Herrera a été emprisonné en 2013 sur plainte de l’entreprise Hidro Santa Cruz, qui cherche à implanter le projet hydroélectrique Cambalan I et II à Santa Cruz Barillas. Elle a participé activement au processus légal de défense de Rubén Herrera, jusqu’à obtenir sa libération. A partir de cette expérience, elle a favorisé la création d’un Réseau de solidarité qui accompagne de façon permanente les épouses et filles des prisonniers politiques emprisonnés du fait de plaintes déposées par Hidro Santa Cruz. En tant qu’anthropologue, elle a dédié ses travaux à l’étude des impacts des projets extractifs dans différentes municipalités, publié plusieurs livres et articles dans des médias nationaux.

Rencontrez dès à présent nos invitées grâce à cet article et ces deux vidéos réalisées par Pau Dachs, ancien accompagnateur du Collectif Guatemala :

Programme de la tournée

  • Madrid  : mardi 8 septembre à 19h30. Rencontre en présence de la Plataforma de Solidarida con Chiapas y Guatemala, la Asociación de Mujeres de Guatemala et Amigos de la Tierra. C/ San Cosme y San Damián, 24 2º 2. Madrid
  • Barcelone : mercredi 9 septembre à 19h. "Lluites per la defensa del territori a Huehuetango". La Clandestina Eli, C/Ptge Dos de Maig 14-16
  • Toulouse  : samedi 12 septembre à 16h30. Projection-débat autour du film "Todas somos Barillas", avec France Amérique latine Festival Alternatiba, village "Solidarité & partage", allées Jules Guesde
  • Paris  : mardi 15 septembre à 19h "Guatemala : les peuples autochtones face aux entreprises extractives" Conférence-débat avec des intervenant-es d’Amnesty international France, Terre des Hommes, Fondation France-Libertés. Modération assurée par le Collectif Guatemala. 72 boulevard de la Villette 75019
  • Genève  : jeudi 17 septembre à 19h. "Multinationales et droits humains : le cas de Santa Cruz Barillas au Guatemala" Uni Mail, salle MR070.

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