Ouverture d’un nouveau procès contre l’ex-dictateur Ríos Montt pour génocide et crimes contre l’humanité

Paris, le 4 janvier 2015 – Un deuxième procès devrait s’ouvrir ce lundi 5 janvier contre l’ex-général Efraín Ríos Montt et son chef des renseignements militaires, Mauricio Rodríguez Sánchez, pour génocide et crimes contre l’humanité. Le procès historique, qui eut lieu du 19 mars au 10 mai 2013, avait conduit à la condamnationde l’ex-dictateur à 80 ans d’emprisonnement (50 ans pour génocide et 30 ans pour crimes contre l’humanité), alors que Rodríguez Sánchez fut déclaré non coupable.

Néanmoins, dix jours plus tard, la Cour constitutionnelle annula le verdict, arguant un vice de forme.

Efraín Ríos Montt, aujourd’hui âgé de 88 ans, a été à la tête d’un gouvernement militaire durant la période qualifiée comme la plus meurtrière (1982-1983) du conflit armé (1960 à 1996), qui a causé plus de 200 000 morts ou « disparus forcés », 1 million de déplacés internes, 400 000 réfugiés à l’étranger et rayé quelques 440 villages de la carte entre 1960 et 1996. Ríos Montt et Rodríguez Sánchez sont accusés pour leur responsabilité dans plus de 15 massacres visant l’ethnie Maya Ixil dans le département du Quiché, où sont mortes 1 771 personnes.

« La confirmation du nouveau procès fait suite à une longue période d’incertitude où les organisations de la société civile guatémaltèque ont craint le pire : que les recours déposés ne retardent son ouverture jusqu’au décès d’Efraín Ríos Montt. Leur action est une lueur d’espoir pour toutes les populations mayas ayant souffert des abus des militaires durant le conflit armé interne, ainsi qu’un symbole fort pour les personnes qui voient encore aujourd’hui leurs droits élémentaires bafoués » résume Thibaud Marijn, président du Collectif Guatemala.

« Les avocats de Ríos Montt poursuivent leur stratégie de litige malicieux utilisée en 2013 et cherchent à empêcher l’ouverture d’un nouveau procès à coup de récusations contre des magistrats, et autres recours. La poursuite du procès est incertaine : plusieurs sujets ne sont pas encore résolus, comme l’amnistie demandée et l’état de santé de l’ex-dictateur », précise Amandine Grandjean, coordinatrice de l’association, au Guatemala.

La Loi de Réconciliation Nationale guatémaltèque approuvée dans le cadre de la signature des Accords de Paix de 1996, ainsi que les conventions et traités internationaux, obligent l’Etat du Guatemala à enquêter, juger et sanctionner les crimes de génocide et autres crimes contre l’humanité.

Les avocats de Ríos Montt ont remis le 31 décembre une excuse médicale au Tribunal de Sentence de Haut Risque B, chargé d’ouvrir le nouveau procès afin de justifier son absence à la 1ère audience. Tout comme le recours déposé contre la présidente de ce tribunal, ce dernier recours sera évalué le 5 janvier.

Le Collectif Guatemala accompagne les organisations de la société civile guatémaltèque depuis 1979, parmi lesquelles AJR et CALDH, parties civiles au procès, depuis le dépôt de leur première plainte en 2001.

Pour plus d’information :
Les coordinateurs et représentants du Collectif Guatemala sont joignables à Ciudad de Guatemala et à Paris pour répondre aux questions. Pour toute demande, veuillez vous adresser à :

Coralie Morand, Collectif Guatemala – 01 43 73 49 60 collectifguatemala@gmail.com
Thibaud Marijn, Collectif Guatemala – 06 60 07 02 75

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