Le retour de la peine de mort

Les députés ont voté le 5 octobre dernier un décret qui réactive la peine de mort. Tous les partis, à l’exception de l’Union révolutionnaire nationale du Guatemala (URNG), ont en effet approuvé le retour de la grâce présidentielle au 15 janvier 2012, un jour après la prise de fonction du nouveau gouvernement. Il reviendra donc au successeur d’Alvaro Colom de gracier ou non un condamné dans un délai de 30 jours après le jugement. Si aucune décision n’est prise par le président durant ce laps de temps, le condamné sera de fait exécuté, la loi obligeant un juge à faire appliquer la peine. Réactiver la grâce présidentielle revient donc à rendre possible l’exécution de la peine capitale. Alvaro Colom a déclaré qu’il opposerait son veto. Mais le parlement pourrait toujours le faire passer sans son aval si les deux tiers des députés votent en faveur. Manuel Baldizon chef du Parti d’opposition Lider (extrême droite), à l’initiative de la proposition de loi, se félicite : « 89,6% de la population demande la peine de mort et aujourd’hui nous disons au peuple du Guatemala : mission accomplie ». Cette déclaration publiée dans la Prensa Libre du 6 octobre démontre clairement l’ambition électoraliste d’une telle prise de position.

Le code pénal guatémaltèque de 1973 prévoit la peine de mort. Avec Cuba et Les États-Unis, le Guatemala, est l’un des trois seuls États d´Amérique à avoir maintenu la peine capitale. Suspendu en 2001, le parlement avait tenté, sans succès, de le réactiver, en 2008, Alavaro Colom avait opposé son veto. Mais dans un contexte de violences croissantes, en cette année préélectorale propice aux démonstrations de démagogie le couperet risque de tomber.

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