Le gouvernement guatémaltèque brade la richesse nationale

Au cours du mois dernier est entré en vigueur un accord passé entre le gouvernement du Guatemala et l’entreprise privée "Développement des autoroutes et routes guatémaltèques" constituée par des capitaux italiens, français et allemands ? Cet accord met fin à une série d’actions menées par l’Etat afin de Charger cette entreprise de la construction d’un grand axe routier. Dès sa parution, ce projet suscita de violentes critiques, notamment de la part institutions comme l’Université San Carlos (université nationale), le Collège d’Ingénieurs et aussi de la part de la Démocratie-Chrétienne. Des personnalités gouvernementales - par exemple l’ex Vice-Président et un conseiller - prirent également position contre le projet.

L’axe routier reliera treize des vingt-trois départements et desservira un territoire évalué à cent huit mille kilomètres carrés environ. Un second axe assurera la liaison entre la route principale et les autres départements. Ce projet apparaît donc d’un intérêt primordial pour le développement de l’économie nationale. Mais il s’avère que le contrat a été réalisé sur des bases qui risquent de nuire aux intérêts nationaux. les conditions plus ou moins frauduleuses dans lesquelles il a été négocié dénotent l’irresponsabilité des fonctionnaires qui, à l’unanimité s’étaient déclarés en faveur du projet. En effet, l’accord fut décidé unilatéralement entre le Gouvernement et l’entreprise sans être soumis à l’approbation du Parlement ainsi que l’exige la Constitution.

L’entreprise est constituée sur les bases d’un capital déclaré d’un demi million de quetzals (un quetzal = un dollar), mais la quantité déposée s’élève en fait à dix mille quetzals. le contrat accorde à une entreprise privée étrangère l’exclusivité pour l’exécution des travaux publics nécessaires. il lui permet aussi de percevoir directement les droits de péage sur toutes les routes du pays. Ce qui revient à dire que l’Etat octroie une concession d’administration sur les biens nationaux à une entreprise privée étrangère. cela constitue une atteinte au caractère inaliénable du bien public et de la souveraineté nationale. la nature de cet accord est contraire aux principes établis par la Constitution car il suppose l’approbation des parties engagées à la constitution d’un monopole privé sur l’infrastructure routière nationale. E outre, toutes les facilités de financement, tant à l’étranger qu’au Guatemala sont offertes à l’entreprise par le Gouvernement et la Banque Nationale du Guatemala - organisme d’Etat chargé de régir toutes les activités financières du pays - se porte garant des crédits sollicités par l’entreprise.

Si on regarde les plans élaborés en vue de la réalisation du projet, on découvre que le réseau routier doit traverser les zones forestières où les généraux otn acquis des propriétés atteignant des centaines d’hectares. Car c’est dans ces zones que se trouvent les réserves pétrolières du pays, réserves convoitées par les militaires qui visent à en devenir les propriétaires pour les céder aux multinationales chargées de leur exploitation.

Mais d’autre part, c’est aussi dans ces mêmes zones que se développe, à l’heure actuelle, une résistance révolutionnaire. Tout laisse à penser que, pour le Gouvernement, ledit projet de construction du "Periferico" répond en fait à un plan militaire précis : la réalisation de ce projet facilite outre l’enrichissement de l’oligarchie, le déploiement d’une offensive contre-insurrectionnelle qui aurait pour but d’anéantir le travail de politisation effectué par la guérilla au sein des communautés indiennes de la région.

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