Le Congrès vote l’augmentation de l’âge légal du mariage

« Considérant que le mariage entre personnes [mineures], principalement les filles et adolescentes, viole leurs droits fondamentaux, les exposant à une plus grande vulnérabilité, tant physique que psychologique et légale, ainsi qu’à l’exploitation commerciale, la servitude, l’esclavage, l’exploitation infantile, le mariage forcé, les viols, les grossesses par viol (…) », le Congrès du Guatemala a adopté le 5 novembre une réforme au Code civil portant l’âge légal du mariage à 18 ans. Il était auparavant de 16 ans pour les hommes et de 14 ans pour les femmes.

Le Guatemala, qui était le seul pays d’Amérique centrale à permettre le mariage de mineurs, se met ainsi en conformité avec ses engagements internationaux et fait un pas en avant vers l’égalité entre les sexes, le mariage précoce touchant quasi-exclusivement les filles et adolescentes. Selon le Ministère de la santé, 74 000 accouchements de mineures de 15 à 19 ans, dont 5 199 de filles de moins de 14 ans, ont été enregistrés pour la seule année 2014.

Dans un communiqué, le Système des Nations unies au Guatemala a salué cette avancée, qui « unifie l’âge du mariage pour les filles et les garçons, élimine l’autorisation des pères de famille » - qui n’est le plus souvent que l’imposition du mariage aux mineures sans leur consentement – « oblige les juges à écouter la personne mineure [et] interdit les unions de fait ». Il appelle néanmoins à restreindre l’exception prévue par la loi, qui permet aux juges « de façon exceptionnelle » d’autoriser des mariages à partir de 16 ans sans fixer de conditions précises. (1)

L’effet concret de cette loi est néanmoins incertain. Citant un rapport de l’UNICEF publié en 2011 l’initiative de loi liste les principales causes de mariages de mineurs comme étant la pauvreté, la tradition des peuples autochtones pour qui « la famille est l’unité de production économique et l’unique source de richesse, de statut social et de sécurité pour ses membres » et l’absence de politiques publiques à destination des adolescents. Tant que des politiques nationales d’ampleur n’auront pas été mises en œuvre pour résoudre ces problèmes, il y a fort à parier que le problème persistera. (2)

1. ONU Guatemala « ONU saluda aprobación de ley matrimonio infantil y llama a restringir uso de excepción » , 09.11.15, lien
2. Martín Berganza,« Subir la edad para casarse no soluciona el problema » , Nómada, 10.11.15

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