L’affaire Rosenberg. Les conclusions de l’enquête par la CICIG.

Le 12 janvier dernier, Carlos Castresana –responsable de la Commission internationale contre l’impunité au Guatemala (CICIG)- dévoilait les conclusions de l’enquête sur la mort de l’avocat d’affaires Rodrigo Rosenberg, qui avait déclenché une crise politique d’ampleur en mai dernier suite à la diffusion de la fameuse vidéo dans laquelle Rosenberg accusait le président Colom de son meurtre à venir.

Selon les résultats de l’enquête de la CICIG, l’assassinat de Rosenberg serait en fait une sorte de suicide maquillé. En effet, Rodrigo Rosemberg aurait orchestré sa mort depuis le début avec l’aide inconsciente des frères Valdés Paiz, cousins de son ex-femme. A ces derniers il aurait fait croire qu’il était victime d’extorsion et qu’il cherchait à se débarrasser de celui qui le faisait chanter. Ainsi, les frères Valdés Paiz ont organisé l’assassinat de ce « maître chanteur », en contactant des tueurs à gages et en leur donnant des indications que le propre Rosenberg leur donnait. Quand les tueurs à gage s’apprêtent à attaquer l’homme qui fait du vélo dans un quartier cossu de la capitale, les Valdés Paiz et les tueurs à gage pensent donc que c’est le maître-chanteur qui va recevoir les balles. Quelques minutes plus tard, on se rend à l’évidence, c’est bien Rodrigo Rosenberg qui vient d’être tué.

Pourquoi alors un avocat d’affaires brillant aurait mis en place ce plan machiavélique ? Toujours selon les conclusions de la CICIG, l’homme était en dépression, notamment suite à l’assassinat, quelques semaines auparavant, de Khalil et Marjorie Mussa. Or, il semble qu’il maintenait avec Marjorie une histoire sentimentale et que sa mort l’ait beaucoup affecté, au point qu’il se sente la responsabilité d’enquêter et de faire toute la lumière sur cette affaire. D’où les accusations portées dans la vidéo, résultats de son investigation mais qui manquent de preuves. Selon Castresana, les accusations visaient à provoquer une sorte de « séisme politique » qui secoue l’État et le poussent à enquêter de manière plus sérieuse sur cette affaire.

Rosenberg héros de la lutte contre l’impunité ? Sacrifice pour que règne la justice au Guatemala ? Ces conclusions n’ont bien entendu pas convaincu tout le monde. Ainsi, même s’il est possible que Rosenberg ait planifié sa propre mort, il reste beaucoup de zones d’ombre. Entre autres, la manipulation que certaines personnes ont pu faire de l’état psychologique de Rosenberg à des fins politiques. Mais également, toutes les interrogations qui restent sans réponse concernant les connexions entre Banrural et le meurtre des Mussa, connexions qui questionneraient l’ensemble de l’oligarchie guatémaltèque et auraient sans aucun doute des répercussions au plus haut niveau de l’État. Ce que voulait atteindre Rosenberg en se donnant la mort. Il semble que cette seconde partie de l’enquête risque de prendre plus de temps…

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