Elections du « Comité Central Laguna del Tigre »

Fin mars, s’est déroulée l’élection des représentants des communautés de la Laguna del Tigre (LDT, département du Petén), avec une grande inquiétude de voir élus des « pions » de l’entreprise pétrolière Perenco. Les personnes élues sont favorables aux communautés mais les pressions se font déjà ressentir. Un leader et contact du Collectif nous partage :

« Ce comité naît en 2009 et sa fonction est liée à la recherche du développement économique des communautés. Lors de la reconduction du contrat pétrolier, l’entreprise [Perenco G.L.], a coopté ses membres et envoyé ceux-ci dans les communautés pour qu’ils demandent aux habitants des signatures en leur faveur, pour que l’entreprise reste ; dans le cas contraire, ils seraient expulsés. Ces mêmes signatures sont celles qui ont donné l’aval à l’incursion du Bataillon Vert*. Lorsque les communautés ont dénoncé les agissements des ces entités, le comité a contredit à plusieurs occasions les publications de leur représentation [délégation]. »

« Le 30 mars 2014, une nouvelle élection du comité a eu lieu, lors de laquelle a été élu bon nombre de personnes issues de la délégation des communautés. (…) L’entreprise a convoqué plusieurs leaders des communautés, comme les maires et les présidents des Conseils communautaires de développement ainsi que le comité élu, dans l’intention de leur présenter des “projets de santé”. L’objectif, en réalité, est le contrôle des communautés. »

« Celles-ci étant abandonnées par l’Etat, il est facile pour les entreprises de faire des promesses alléchantes ou mensongères.
Si ces personnes refusent ces propositions, elles encourent le risque de persécutions à leur encontre. Ceci a déjà été démontré dans des cas similaires : Carlos Atzalam (déplacé de force) et Ramiro Chom et Victor Tut (assassinés).
 »

* Le « bataillon d’infanterie de la jungle », surnommé «  bataillon vert » a été créé lors de la reconduction illégale par le président Colom (en 2010), pour 15 ans, du contrat 2-85 de Perenco en plein cœur du Parc National LDT (créé en 1990). Ce corps spécial de l’armée est financé en partie par l’entreprise franco-britannique Perenco, supposément pour lutter contre le trafic de drogue et d’espèces vivantes. En fait, les soldats basés à plusieurs points de contrôle (en plus de la présence d’une base militaire) à l’entrée et dans la LDT, restreignent les déplacements des habitants, et les terrorisent afin de les dissuader de défendre leurs droits. Le bataillon vert a aussi participé à des expulsions violentes de communautés basées dans le Parc.

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