Aux disparus du Diario Militar

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Photo de CPR Urbana

Les 3 et 4 juillet derniers, le juge d’instance Miguel Angel Gálvez recevait les témoignages de plusieurs femmes, en qualité de preuves anticipées, dans le cadre du procès du Diario Militar (Journal Militaire) ouvert le 20 novembre 2012 après que la Cour Interaméricaine des Droits de l’Homme (CIDH) déclare l’État du Guatemala coupable des délits de disparitions forcées. Au total, elles seront quatre à témoigner :
Josefa Elizabeth Andrade, mère de Joaquín Rodas Andrade, disparu le 2 mai 1985 ; Natalia Gálvez Soberanís, mère de Carlos Guillermo Rámirez, disparu le 14 février 1984 ; Antonia Chiguil Aguilar, mère de Manuel Ismael Salanic Chiguil, disparu le 14 février 1984 ; Aura Elena Farfán, soeur de Rubén Amílcar Farfán, disparu le 15 mai 1984, et représentante légale de FAMDEGUA (Asociación de Familiares Detenidos-Desaparecidos de Guatemala), l’association des parents de détenus et disparus du Guatemala. Ces femmes, d’un âge avancé et d’apparence frêle, ont été appelées à témoigner dès maintenant, car une réelle incertitude plane quant à la durée du procès. Le mari de l’une d’entre elles est décédé il y a à peine un mois, d’où la nécessité de cette audience - mais leur force vitale, leur courage et leur persévérance ont ému la salle. Cela fait 30 ans qu’elles se battent pour connaître le sort de leurs êtres chers dont les noms apparaissent dans le Diario Militar. Véritable Dossier de la Mort, il recense les noms de 183 hommes et femmes (étudiants, syndicalistes, militants de gauche, intellectuels, etc.) fichés et ciblés pour leurs activités par les escadrons de la mort de l’armée, entre août 1983 et mars 1985. Sur 108 de ces fiches figure le code 300, code qui correspond aux personnes exécutées, généralement après avoir été séquestrées et torturées. Ce dossier est la preuve de l’existence d’un minutieux système d’extermination des éléments dérangeants, d’un système destiné à faire taire les voix qui s’élevaient contre l’État et l’oligarchie militaire de l’époque. Aujourd’hui, tout comme les familles de plus de 45000 disparus au Guatemala, ces femmes exigent que justice soit faite et que soient retrouvés les corps des victimes.

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