90 ans de prison pour l’incendie de l’Ambassade d’Espagne

Article publié sur le blog d’ACOGUATE

Pedro García Arredondo, ex-chef du Commando 6 de l’ancienne Police Nationale, unique accusé pour la mort de 39 personnes, a été déclaré coupable des délits d’assassinat, tentatives d’assassinat et crimes contre l’humanité, dans une des affaires les plus emblématiques du conflit armé interne guatémaltèque : l’incendie de l’Ambassade d’Espagne.

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Photo ACOGUATE

Durant le débat oral et public, qui s’est ouvert de 1er octobre 2014, le Ministère Public et les autres plaignants ont démontré au Tribunal B de Risque Majeur, de façon crédible, que ce qui s’est déroulé à l’Ambassade d’Espagne le 31 janvier 1980 n’était pas un acte isolé. Grâce aux témoignages des personnes présentes au moment de l’incendie et aux expertises sur des sujets tels que sociopolitique, histoire, droit international humanitaire, entre autres, ils ont montré que l’opération policière s’est faite dans le cadre d’une stratégie contre insurrectionnelle qui ne différenciait pas les combattants des civils et qui se dirigeait à quiconque revendiquait ses droits.

Le Ministère Public et les autres plaignants ont soutenu que l’accusé Arredondo est celui qui a donné l’ordre d’entrer dans l’Ambassade de façon violente et qu’il est, qui plus est, responsable du refus à secourir les personnes qui se trouvaient à l’intérieur, alors que c’était son devoir.

Tout au long du débat, la défense de l’accusé a insisté sur son innocence, et a soutenu que les preuves présentées n’étaient pas suffisantes pour le condamner. Ces avocats ont essayé de mettre en relation l’occupation de l’Ambassade par les paysans du Quiché et les groupes de guérilla armés de l’époque, tels que l’Armée de guérilla des pauvres (EGP). Ils ont également présenté la théorie selon laquelle l’incendie aurait été provoqué par des cocktails Molotov amenés par les paysans et utilisés pour leurs propres immolations.

Au cours de l’avant-dernière audience, les familles des victimes ont eu l’opportunité de se prononcer sur les faits. Du coté des plaignants, Sergio Vi et Rigoberta Menchú Tum, qui ont perdu des proches dans l’incendie de l’Ambassade, ont demandé à ce qu’il y ait une justice juste, mettant en avant l’importance qu’il y a à juger les faits pour une réconciliation du pays tout entier.

Dans sa réplique finale, Pedro García Arredondo a remis en question de travail du Ministère Public et a répété son innocence, disant que ceux qui prenaient les décisions était les dirigeants de l’État.

La décision du Tribunal B de Risque Majeur a été unanime et Pedro García Arredondo a été condamné à un total de 90 ans de prison pour l’assassinat de 37 personnes qui sont mortes brûlées dans l’Ambassade, et pour tentative d’assassinat à l’encontre des deux uniques survivants du massacre, Máximo Cajal López et Gregorio Yuxá Xoná. Il a également été jugé coupable de l’assassinat de Jesús España Valle et Gustavo Hernández González, deux étudiants assassinés par balle le 2 février 1980, durant les funérailles des victimes de l’Ambassade d’Espagne.

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Le 19 janvier 2015, de nombreuses personnes du Quiché et défenseur-es des droits humains ont assisté à l’audience de lecture de la sentence dans l’affaire de l’incendie de l’Ambassade d’Espagne en 1980.

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